Julie Scherpenseel, « Young ICT Lady of the Year », passionnée par les données

Comme chaque année, nous donnons la parole à la « Young ICT Lady of the Year ». Même en l’an 2020, les femmes restent sous-présentées dans le secteur de la technologie, malgré toutes sortes d’initiatives. Julie Scherpenseel veut donc profiter de son mandat pour sensibiliser de façon continue au fait que ce domaine n’est pas exclusivement réservé aux hommes.

En rédigeant son mémoire sur le big data, Julie Scherpenseel, titulaire d’un master Ingénieur civil, s’est intéressée aux possibilités offertes par le Machine Learning (ML) et l’intelligence artificielle (IA), qui constituent tous deux le moteur des avancées technologiques. Elle a eu l’occasion de collaborer dans ce cadre avec une start-up bruxelloise.

Une croissance soutenue
Scherpenseel : « Au début, je me suis surtout informée en ligne, car pendant longtemps, il n’y avait pas de formation sur les données et l’IA en Belgique. Quand j’ai décidé de travailler chez ML6 il y a deux ans, le monde de l’IA était en pleine mutation, moment que j’ai jugé opportun pour expérimenter par moi-même l’évolution d’une start-up à une scale-up. En tant que Chief Growth Officer, je suis responsable de notre croissance et de la transformation interne. Passer de 15 collaborateurs à 65 tout en assurant une vision commune constitue en effet un véritable défi. »

Au-delà des stéréotypes
Cette année, Scherpenseel a voulu agir concrètement face à la sous-représentation des femmes dans les TIC : « Quand j’ai voulu faire des études d’ingénieur civil, on me l’a déconseillé, prétendant qu’en tant que femme, je ne parviendrais jamais à faire carrière dans cet univers masculin. Je veux donc me servir de mon titre de ‘Young ICT Lady 2020’ pour être un modèle et démontrer qu’en tant que femme, on peut effectivement avoir un impact social dans le secteur des TIC. 78 % des jeunes filles ne connaissent en effet pas de modèle féminin dans la technologie, alors que 100 % peuvent citer le nom d’un homme.[1] Je soutiens également le deuxième ‘Young Potential Boostcamp’, qui se tient d’octobre 2020 à février 2021 et où un mentor expérimenté coache des jeunes femmes. Je sais d’expérience que ce genre de soutien supplémentaire peut vraiment faire la différence. »

De nombreux débouchés
Il est également important de redorer l’image des emplois dans les TIC, vu l’importance croissante de la numérisation. Une étude d’Agoria [2] démontre en effet qu’il y a besoin de travailleurs dotés de compétences numériques dans tous les secteurs et que 18 % des postes vacants dans les TI ne seront pas pourvus d’ici 2030. Scherpenseel : « D’où l’importance d’enseigner ces compétences, de préférence dès l’école primaire, mais surtout en secondaire. C’est pourquoi je soutiens le projet flamand d’IA à l’école, dont le matériel pédagogique est lié aux objectifs finaux. Le programme familiarise les élèves avec l’IA et suscite leur intérêt pour cette discipline. »

Scherpenseel conclut en conseillant aux (jeunes) femmes de ne surtout pas se laisser décourager et de suivre leur passion, vu les nombreuses possibilités de carrière offertes par la technologie.


[1] PwC Women in Tech report

[2] La digitalisation et le marché du travail belge. Shaping the future of work.

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