Là, où les robots font la différence…

Cette semaine, nous entamons la suite de notre dossier du mois de juin sur ‘La robotisation dans les soins de santé’. Nous donnons la parole à deux professeurs : le professeur Dr. Simoens aujourd’hui et le professeur Decaestecker la semaine prochaine. Pour conclure le dossier, Israel Bimpe mettra à l’honneur le projet Zipline, dans le cadre duquel des drones apportent des médicaments et du sang dans des régions reculées du Rwanda.

Le projet Wonder
Le professeur Simoens d’UGent explique deux projets développés en collaboration avec imec, où les robots apportent une réelle valeur ajoutée.

Les maisons de repos et de soins (MRS) s’efforcent de fournir des soins optimaux aux résidents atteints de démence. Le projet Wonder vise à utiliser des interventions non pharmaceutiques, comme l’interaction personnelle et le réexamen de souvenirs personnels positifs, pour améliorer la qualité de vie des résidents de ces MRS. Le projet a également pour but de réduire l’incidence des troubles du comportement, tels que l’agressivité ou l’errance.

Cocréation
Dans deux MRS de la région gantoise, le projet Wonder a été testé avec le robot humanoïde Zora. Le professeur Simoens : « Une fonctionnalité supplémentaire a été développée pour ce robot de soins déjà existant afin de déclencher une interaction individuelle basée sur les données du capteur au lieu d’interactions standard. La valeur ajoutée du projet Wonder est qu’il a été réalisé en cocréation avec les professionnels de santé de ces MRS, ce qui nous a permis d’adapter le produit aux besoins des résidents et des aides-soignants. En outre, des personnes atteintes de démence, des membres de leur famille et des organisations de personnes âgées ont également été impliqués, parce que c’était crucial à une large acceptation du service. »

Soins axés sur la personne
Le professeur Simoens : « L’objectif du projet Wonder était double : faire se déplacer les robots de manière semi-autonome dans la MRS et déterminer le bon mode d’interaction individuelle pour soutenir le personnel infirmier et les aides-soignants dans leur travail. Les défis étaient de taille : premièrement, nous avions affaire à un groupe cible qui n’est pas 100 % présent sur le plan cognitif ; deuxièmement, nous avons dû tenir compte des attentes élevées et du scepticisme des professionnels de santé. La coopération a cependant permis aux ingénieurs et aux aides-soignants d’apprendre à se connaître et d’harmoniser leurs attentes. »

Comment cela fonctionne-t-il ?
Grâce à ce que l’on appelle « l’Internet des Objets » (IdO), des capteurs placés dans les chambres peuvent détecter où se trouve un résident et s’il a besoin d’aide. L’aide-soignant est averti en cas de problème et active le robot de soins, qui se déplace par ses propres moyens et offre une assistance sur mesure. Par exemple, il adapte le volume de sa voix dans le cas de personnes malentendantes ou joue une mélodie pour aider à apaiser une personne en détresse.

Robot social
Il y a de quoi se réjouir que ce projet Wonder ait connu une suite : le projet ROBO-cure vise à faciliter la vie des enfants diabétiques en leur offrant un accompagnement personnel. L’avantage présenté par un tel robot est qu’il parle 15 langues, une fonction bien utile dans un environnement hospitalier multiculturel.

Un élément important pour le traitement, mais pas toujours simple est de se familiariser avec les données des appareils portables tels que les capteurs de glucose, les pompes à insuline et les traqueurs d’activité. Par exemple, un enfant diagnostiqué diabétique doit apprendre à calculer la quantité de glucides présents dans son repas afin de s’administrer la bonne dose d’insuline. Le robot est équipé de capteurs et d’une connectivité IdO pour détecter à l’hôpital quand un repas entre dans la chambre ou pour lire en temps réel les données d’un capteur de glucose. Par ailleurs, des techniques d’apprentissage automatique sont utilisées afin de reconnaître des objets ou pour découvrir des habitudes quotidiennes à partir des données recueillies. Il en résulte une thérapie plus personnalisée et une adaptation plus rapide du traitement.
Dans une phase ultérieure, il y a lieu d’examiner comment reprogrammer le robot afin qu’il puisse également apporter du soutien dans le cadre d’autres maladies chroniques comme l’obésité. À suivre.

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