Congrès FIP: plus que jamais un rôle de prestataire de soins pour le pharmacien

L’équipe APB nourrissait de grandes attentes avant son départ pour le congrès de la FIP fin septembre Raison suffisante pour interroger ces personnes sur leurs impressions et les enseignements qu’elles ont tirés.

Les cinq personnes de notre équipe unanimes : ce genre de congrès est à la fois éreintant, mais fascinant et stimulant.

Koen Straetmans : « Comme c’était ma première fois, j’ai tout de suite été frappée par l’atmosphère positive de solidarité qui régnait entre des pharmaciens du monde entier. La FIP est un magnifique réseau, où des pays s’entraident par le biais de leurs connaissances et expériences. Tout le monde est confronté aux mêmes problèmes, comme l’indisponibilité des médicaments, et nous sommes tous à la recherche de nouveaux services pour confirmer le rôle du pharmacien en tant que prestataire de soins. Plusieurs pays proposent déjà des services. Par exemple, en Suisse, au Danemark, en France et au Royaume-Uni, les pharmaciens pratiquent déjà la vaccination, ce qui a favorisé un changement de mentalité important auprès du grand public. En Australie et en Suisse, les pharmaciens sont même autorisés à traiter une vingtaine de petites maladies (comme les cystites et les infections oculaires) sur la base d’un protocole préalablement convenu avec le médecin traitant. Le patient n’a plus à se rendre chez son généraliste et le pharmacien lui délivre des médicaments soumis à ordonnance. Un nouveau service en France qui s’oppose à la surconsommation d’antibiotiques est le TROD (test rapide d’orientation diagnostique). Il s’agit d’un frottis de gorge permettant au pharmacien de savoir au bout de quelques minutes si le mal de gorge est d’origine virale ou bactérienne et si un antibiotique est nécessaire ou non. Et ce n’est pas tout : le médecin va jusqu’à rediriger les patients vers le pharmacien et leur donne une ordonnance pour un antibiotique qui n’est délivré qu’après un frottis de gorge. Cette redirection du médecin vers le pharmacien est sans précédent. À cet égard, il est à noter que l’Association des Unions de Pharmaciens francophones souhaite lancer chez nous un projet pilote et recherche des pharmaciens désireux de proposer ce ‘Streptotest’.

Pour notre part, nous avons reçu des réactions positives à propos de notre nouveau modèle d’indemnisation, baptisé « Cappuccino », et du DPP. Cela nous fait plaisir, car nous nous montrons toujours très critiques envers nous-mêmes. Le concept de pharmacien de référence mérite également d’être porté à l’attention, ce qui sera chose faite à la prochaine édition de la FIP. »

Réseautage
L’un des atouts majeurs de la FIP est le grand nombre de contacts avec les collègues pharmaciens et les confrères d’organisations professionnelles. Non seulement on fait mieux connaissance les uns avec les autres lors d’un tel événement, mais les contacts ultérieurs sont également plus faciles que si l’on ne se connaît que virtuellement. Lena Vandersteen : « J’ai rencontré des collègues du KNMP (Pays-Bas) qui font le même travail que moi et nous avons décidé d’échanger encore plus de bases de données. Pour moi, c’était aussi la première fois que je participais à un tel événement international. D’une part, il existe des différences évidentes entre les pays participants : certains sont plus avancés que nous, d’autres sont derrière nous. Mais d’autre part, on constate aussi qu’ils sont souvent confrontés aux mêmes problèmes. J’ai retenu des présentations que les nouvelles technologies telles que l’impression 3D jouent un rôle de plus en plus important et qu’il faut absolument rester à la page. Un congrès de ce genre aide vraiment à élargir ses horizons et à déterminer sa vision pour l’avenir. »

De nombreux enseignements tirés
Manon Buyl : « Pour moi, le réseautage est l’une des principales activités du congrès de la FIP. Il est en effet intéressant de voir comment d’autres pays européens font face à l’arrivée d’acteurs en ligne, à la numérisation, etc., ce qui permet de tirer des enseignements pour sa propre stratégie. La présentation de Paulien Schul (Pays-Bas) sur le lancement de nouveaux services en pharmacie, par exemple, était excellente. Cette dame dispose également d’une connaissance approfondie du marché belge. C’est vraiment une personne à inviter à une séance de brainstorming. Je retiens également le discours touchant d’un patient qui avait déjà vaincu plusieurs fois le cancer. Il a clairement démontré qu’un patient nourrit souvent, à l’égard d’un prestataire de soins de santé, des attentes différentes de ce que nous avons à l’esprit. Tel est également le constat d’une étude australienne dans laquelle on a demandé aux patients et aux prestataires de soins de santé de dépeindre leurs impressions dans le cadre de l’asthme. Alors que les patients exprimaient surtout leurs angoisses (décès, perte de contact social, de la qualité de vie), les prestataires de soins dépeignaient de façon schématique l’utilisation d’un inhalateur et les procédures à suivre. Nous, les prestataires de soins de santé, ne voyons parfois que la maladie et n’abordons pas les préoccupations du patient.

Egalité des sexes

D’autres présentations intéressantes portaient sur l’égalité des sexes dans le secteur pharmaceutique, sur l’écologie… Elles sont trop nombreuses pour toutes les citer. Cinq jours de présentations du matin au soir, suivies de réceptions et de dîners de réseautage : ce fut intense, mais j’ai acquis énormément de connaissances, ce qui a boosté mon énergie. »

Au mur
Au congrès, on peut présenter quelque chose au public en tant que conférencier ou via une affiche. Vous pouvez montrer sur une affiche un projet de manière schématique et fournir des explications complémentaires pendant les deux fois quatre heures de votre présence.
En cliquant sur les liens suivants, vous verrez l’affiche de l’application, l’affiche sur la dématérialisation de la prescription et le modèle Cappuccino.

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Le modèle Cappuccino

Wouter Hamelinck : « Une de nos affiches montrait le modèle Cappuccino, le nouveau modèle d’indemnisation conçu aux Pays-Bas. Sur l’affiche, le café et le cappuccino étaient très présents visuellement, ce qui a directement attiré la foule. Étonnés, les gens voulaient obtenir plus d’informations. Notre concept de pharmacien de référence, dans lequel nous sommes parvenus à convaincre les pouvoirs publics d’investir, a également suscité beaucoup d’intérêt. De nombreux pays en sont souvent encore à la phase pilote, alors que chez nous, des projets sont déjà (presque) entièrement déployés. Dans le domaine de la vaccination, d’autres pays sont plus avancés que nous.

Ce qui m’a frappé, c’est que tout le monde pense dans la même direction et veut s’éloigner de la pure et simple vente de boîtes. D’où l’importance d’examiner les résultats des autres et de coopérer davantage. Inutile de retester une chose qui s’est déjà avérée inefficace. L’avantage est que les participants de la FIP sont des collègues et qu’il n’y a donc pas de concurrence, ce qui facilite le partage d’informations et d’expériences. »

Dans le groupe de tête
Lieven Zwaenepoel : « En tant que représentant officiel de la Belgique, j’ai participé à l’assemblée générale de la FIP (Conseil). J’ai noté que la FIP évolue en une organisation qui soutient les objectifs globaux de l’OMS et les traduit dans le secteur pharmaceutique plutôt que de fonctionner en parallèle. Un projet intéressant a également été lancé pour créer un atlas/une base de données contenant des informations détaillées sur tous les nouveaux services mis en place dans le monde entier.

J’ai trouvé très inspirante la session démontrant l’impact des services de soutien à la thérapie par inhalation. En Belgique, nous ne l’avons pas encore mesuré pour nos entretiens d’accompagnement pour le Bon Usage des Médicaments (BUM). Mais comme la Norvège, le Portugal et la Turquie ont obtenu des résultats pertinents, tel sera sans nul doute aussi le cas pour nous. Leur façon de travailler peut nous inspirer et nous encourager à nous y mettre. Un autre outil pratique présenté lors de l’atelier sur la vaccination était l’advocacy tool, qui pourrait servir à la promotion de la vaccination en pharmacie auprès de nos pouvoirs publics.
J’ai également participé à la session en collaboration avec The Clean Breathing Institute (TCBI), qui avait pour thème la pollution atmosphérique et le traitement des pathologies respiratoires. L’idée est d’élaborer des stratégies, en collaboration avec des partenaires mondiaux et avec le financement de GSK, afin que les pharmaciens puissent jouer un rôle préventif.
Nous avons également uni nos forces à celles du KNMP et conclu des accords concrets pour échanger des informations, entre autres, sur la vaccination et une vision pour l’avenir. Par ailleurs, l’Association des pharmaciens de Norvège nous a invités à venir expliquer le DPP et le concept du pharmacien de référence. Tantôt nous sommes une source d’inspiration, tantôt nous en puisons. Il est bon de voir que nous ne sommes pas à la traîne. Même si nous ne figurons pas toujours parmi les premiers, nous nous trouvons dans le groupe de tête et c’est encourageant. »

D’autres actualités sur le congrès de la FIP suivront dans les Annales Pharmaceutiques de novembre.

Au cours des semaines à venir, nous examinerons plus en détail des projets abordés lors du congrès de la FIP. Hilde Ariansen, collègue de la Norwegian Pharmacy Association, ouvrira le bal la semaine prochaine.

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