Les femmes dans le secteur de la technologie

Le Forum économique mondial prédit que si nous ne faisons rien, il faudra encore 202 ans avant de combler totalement le fossé entre les sexes. Tandis que l’Islande et les pays scandinaves affichent les meilleurs résultats, la Belgique a chuté à la 32e place. Non seulement nous nous en tirons moins bien que nos voisins, mais nous sommes aussi à la traîne par rapport au Nicaragua, au Rwanda, à la Namibie et aux Philippines. La technologie et l’IT comptent parmi les secteurs dans lesquels il règne une grande inégalité.

Dans les semaines à venir, nous donnerons la parole à deux femmes belges faisant leur petit bonhomme de chemin dans le monde des TIC.

La Belge Véronique Peiffer à Silicon Valley
Dès son plus jeune âge, Véronique Peiffer s’intéressait à la technologie, aimait lire des revues scientifiques et était fascinée par le monde médical. Après un stage en innovation dans le domaine de la technologie médicale à l’Université de Stanford, elle a créé sa propre entreprise, « palmm », à Silicon Valley en 2016.

De Louvain à Londres
Originaire de Saint-Trond, Véronique a suivi des études de génie civil – mécanique à la KULeuven avec une poignée de filles. Grâce à une bourse de la British Heart Foundation, elle a ensuite traversé la Manche pour son doctorat à l’Imperial College de Londres. À l’aide de modèles informatiques, elle a étudié le mode de développement des maladies cardiovasculaires et a tenté de mieux comprendre leur influence sur la circulation sanguine.

Retour en Belgique
Véronique Peiffer : « Après mon doctorat, je suis retournée en Belgique pour rejoindre McKinsey & Company à Bruxelles en tant que consultante en management. J’ai travaillé pour un certain nombre d’entreprises du Fortune 500 – une liste d’entreprises américaines classées en fonction de leur chiffre d’affaires annuel –, plus précisément pour des entreprises du secteur pharmaceutique et des technologies médicales. »

Via Amazon à l’Université de Stanford
« En recherchant plus d’informations sur les aspects réglementaires de la technologie médicale dans le cadre de cette fonction, je suis tombée sur un livre sur Amazon qui non seulement traitait de ce sujet, mais consacrait aussi de l’attention à l’innovation dans la technologie médicale. Cet ouvrage, publié par des professeurs et des médecins de l’Université de Stanford, mentionnait un stage d’un an axé sur l’innovation dans la technologie médicale. Comme le sujet me semblait passionnant, j’ai décidé de postuler et un an plus tard, je partais pour la Californie. »

Jusqu’à Silicon Valley
« Mon travail à l’université de Stanford a mené à la création de mon entreprise actuelle, palmm. Elle fait partie du Fogarty Institute for Innovation à Mountain View, en Californie, où sont établies une douzaine de start-up de technologie médicale – avec 4 femmes PDG, dont moi-même. Nous sommes en train de développer un produit médical qui prévient la transpiration excessive (hyperhidrose), un problème touchant près de 5 % de la population mondiale. Notre première application est spécifiquement axée sur les mains moites, car un ami – et cofondateur de palmm – en souffre et n’a jamais trouvé une bonne solution. Une première version de notre produit a déjà été testée sur onze patients, avec de très bons résultats. C’est touchant quand une personne vous dit avoir pu pour la première fois serrer la main à quelqu’un sans gêne. Pour l’heure, nous apportons encore quelques modifications au produit et une nouvelle série de tests suivra au cours du prochain trimestre. Nous soumettrons ensuite une demande à la Food and Drug Administration afin de pouvoir commercialiser le produit aux États-Unis. »

Préjugés
Malgré la défection un jour d’un investisseur de sexe masculin qui avait « déjà investi dans suffisamment d’autres entreprises féminines », Véronique n’a pas le sentiment d’avoir dû faire plus ses preuves en tant que femme parmi ses collègues masculins. « Je dirais même qu’en tant que femme PDG, j’ai plus l’occasion de raconter mon histoire, ce qui est bien sûr un avantage. Cela n’empêche qu’il faut rester vigilant face aux préjugés fondés sur le sexe, la race ou l’âge. »

Conseils aux femmes dans le secteur de la technologie
« Mais quand on veut, on peut », déclare Véronique avec détermination. « Avec cette devise, je pense que vous irez très loin. Demandez-vous ce que vous voulez réaliser d’ici cinq ou dix ans, et œuvrez dans cette optique. Répétez cet exercice de temps en temps, pour éviter de réaliser soudainement ne plus avoir d’objectif à long terme ou de travailler à un objectif qui ne vous anime plus. Assurez-vous de rechercher des mentors que vous admirez et vers qui vous pouvez vous tourner pour obtenir des conseils, mais aussi des « pairs » de sexe féminin pouvant prêter une oreille attentive : elles sont souvent confrontées à des difficultés similaires et le dialogue peut ouvrir de nouvelles perspectives. »

Si vous voulez en savoir plus sur ce projet dès maintenant, cliquez ici. Nous reviendrons très certainement sur son évolution. 

La semaine prochaine : Sanne Vermeiren : Comment devient-on « Young ICT Lady 2019 » avec un baccalauréat en Marketing en poche ?

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