Quand utiliser l’autotest ? Les explications de Barbara Verboven

Au cours des dernières semaines, plus de 300.000 autotests ont été délivrés en pharmacie (cfr. graphique du 06-04-21 jusqu’au 10-06-21). Ces autotests constituent un volet important de la stratégie de dépistage, qui permet de freiner la propagation de la COVID-19. Cela dit, il n’est pas toujours évident de savoir quand il est préférable d’utiliser un autotest et quand il faut contacter son médecin ou un centre de dépistage. Barbara Verboven, chef de projet de la Task Force sectorielle “Testing“, explique pourquoi les autotests sont aussi importants, pourquoi seuls les pharmaciens les délivrent, quand les utiliser et quand ne pas les utiliser.

Barbara : « Les tests sont parvenus rapidement à nos pharmaciens et demander. Grâce notamment à la Task Force sectorielle « Testing » copilotée par l’APB et l’OPHACO, qui ont maintenu de bons contacts avec les parties concernées et, dans la mesure du possible, ont informé durant les négociations avec le gouvernement. »

Comment s’est déroulée la délivrance des autotests en pharmacie jusqu’à présent ?
« En fin de compte, les fabricants ont pu approvisionner rapidement nos pharmacies. Les citoyens sont nombreux à en acheter, mais , en réalité, nous nous attendions à une demande plus importante. Nous supposons que l’utilité des autotests, de même que leur public cible, ne sont pas encore suffisamment clairs pour le grand public. »

Pouvez-vous clarifier dans quelles situations les autotests sont les plus utiles ?
« Les autotests sont destinés aux citoyens asymptomatiques. Il n’y a donc pas de situations “spécifiques” pour l’utilisation d’un autotest. Le but n’est certainement pas d’acheter juste un test, puis de l’utiliser, à l’occasion, quand vous avez quelqu’un qui vous rend visite, par exemple. Un autotest n’est pas non plus un « ticket d’entrée » à une activité, mais – comme l’a précisé le gouvernement – un “geste de courtoisie” et un moyen de détecter des ‘supercontaminateurs’. Il est préférable de ne pas les utiliser si vous êtes malade, si vous avez un contact à risque ou si vous partez en voyage. Dans ces cas-là, il faut toujours contacter un médecin ou un centre de dépistage. »

À quelle fréquence faut-il se faire tester ?
« Vous pouvez effectuer un test ad hoc pour savoir si, à un moment donné, vous êtes contagieux ou non. Les autotests ont une sensibilité légèrement inférieure (80 %) à celle des tests rapides (95 %). Une explication claire est donc indispensable pour garantir une utilisation correcte. Lorsque les tests sont vendus et utilisés sans explication adéquate, ils peuvent, à mon avis, faire plus de mal que de bien. Imaginons qu’une personne infectée fasse le test de manière incorrecte, que le résultat soit négatif et qu’elle pense que cela signifie qu’elle n’a plus à suivre les mesures d’hygiène.. Les pharmaciens sont ici la clé essentielle et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle, en Belgique, les tests ne sont actuellement disponibles qu’en pharmacie. Les pharmaciens vous diront également ce qu’il faut faire en fonction du résultat. S’il est positif, il faut contacter son médecin ou un centre de dépistage. S’il est négatif, il est important de continuer à suivre les mesures d’hygiène. L’idéal serait donc que chaque citoyen se teste régulièrement. De préférence deux fois par semaine. Ainsi, vous pouvez rapidement détecter une infection, les supercontaminateurs peuvent être rapidement isolés et un résultat erroné peut être rapidement identifié lors du test suivant. »

Quelle est la place des autotests dans la stratégie globale de testing ?
La stratégie fédérale en matière de tests repose sur trois piliers. Tout d’abord, il y a les tests PCR (ou tests rapides) destinés aux personnes symptomatiques, aux contacts à haut risque, aux voyageurs, etc. Deuxièmement, toutes les personnes qui ne pas faire du télétravail. Nous devons les tester régulièrement car ils ont plus de contacts. Les entreprises dont les employés ne peuvent pas télétravailler peuvent obtenir des tests rapides gratuits auprès du gouvernement. Et enfin, vous avez les autotests. Ils sont un peu moins fiables mais fonctionnent bien si nous testons en masse. Le gouvernement travaille également à un plan « autotests » en entreprise. J’espère que les entreprises l’utiliseront au mieux. »

Quels sont les points que vous aimeriez améliorer dans la stratégie de test ?
« J’aimerais me concentrer sur une communication plus importante et plus claire pour le grand public. Avez-vous des symptômes ou partez-vous en voyage? Vous devez alors consulter un médecin ou un centre de dépistage. Je suis convaincue que si la communication est plus claire et que les citoyens en comprennent les enjeux, beaucoup plus de tests seront réalisés. Il est important que les pharmaciens puissent continuer à proposer les autotests avec les explications nécessaires. »

Barbara conclut que ce n’est qu’en nous testant assez souvent et en nous faisant vacciner que nous pourrons vaincre la COVID-19 et retrouver une vie plus normale. « C’est ce à quoi nous aspirons tous aujourd’hui. À mon avis, les pharmaciens peuvent jouer un rôle encore plus important dans le cadre du dépistage rapide et des autotests ! »